par Corentin

C'est tout un paradoxe : le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres du monde et pourtant, il se classait au quatrième rang des pays d'Afrique producteur d'or en 2012. Le photographe Matjaz Krivic est allé voir l'envers du décor de cette production faramineuse, à la rencontre des mineurs et de ceux qui travaillent dans l'ombre pour déterrer le précieux métal.

Une grande partie de l'or provient de relativement petites mines, dans lesquelles les enfants travaillent aux côtés de leurs parents de l'aurore jusqu'au crépuscule, parfois plus. Ils ne sont payés qu'en fonction de la quantité d'or qu'ils sont capables de trouver, et parfois cela peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois ; sans recevoir de rémunération.

Les conditions de travail sont extrêmement dangereuses, comme dans de nombreuses mines à travers le monde : les mines s'effondrent fréquemment, l'environnement de travail est totalement pollué par des produits chimiques dangereux tels que le mercure, utilisé pour extraire l'or.
  • La demeure d'un chercheur d'or. Des mineurs viennent des quatre coins du Burkina Faso pour travailler sur des sites comme celui de Djuga, où ils vivent dans des boîtes de paille, sans aucune infrastructure.
  • Matjaz nous raconte l'histoire de Yakuba, un jeune garçon de seize ans, qui a passé quatorze heures épuisantes dans un tunnel profond de 50 mètres. Il raconte également que l'année précédente, son oncle et deux de ses amis sont morts après qu'une des mines avoisinantes s'est effondrée sur eux.

    Ce jour-là, Yakuba et ses collègues de fortune n'ont pas réussi à trouver d'or. Parfois, cela peut prendre jusqu'à deux semaines rien que pour récolter la quantité d'or nécessaire pour un seul smartphone. Des milliers de Burkinabés, le plus souvent des jeunes, travaillent dans des mines partout dans le pays. Peu nombreux sont ceux qui ont pu aller à l'école au moins une fois.


  • Un fonctionnaire gouvernemental vient pour localiser un nouveau filon d'or près de la surface. Son détecteur peur repérer de l'or jusqu'à un mètre de profondeur. Il est payé par les mineurs mais n'est pas vraiment bon marché. Habituellement, ce sont les femmes qui creusent à la surface tandis que les hommes s'engouffrent sous terre dans les mines.
  • Les femmes, les enfants comme les hommes doivent creuser le sol avec leurs propres mains. Bien qu'il y ait des seaux et des cordes pour transporter le minerai des mines jusqu'à la surface, il n'y a pas toujours de cordes pour permettre aux jeunes de remonter eux aussi. Il n'est pas facile de trouver prise à même la roche et le moindre faux-pas peut être fatal.

    L'Organisation internationale du travail considère l'exploitation minière comme étant l'une des pires formes de travail d'enfants dans le monde, notamment pour les risques immédiats sur leur vie mais aussi pour les problèmes de santé à long-terme qu'ils peuvent contracter avec l'exposition à la poussière, aux produits toxiques ou aux métaux lourds.


  • Des milliers de jeunes vivent et travaillent sur ces sites. Ils sont les enfants des mines. La plupart n'a jamais été à l'école et pour beaucoup d'entre eux, les mines sont leur seules maisons. L'Organisation internationale du travail considère l'exploitation minière comme étant l'une des pires formes de travail d'enfants dans le monde.
  • Matjaz raconte également l'histoire de Nuru, un jeune garçon de treize ans qui ne peut pas se souvenir depuis combien de temps il travaille à la mine. Il n'a jamais été à l'école et ne sait pas comment lire ou écrire. Il pense tout de même que faire le mineur est un meilleur sort que de travailler dans les champs de là il est originaire parce que là "tu cultives la terre mais tu ne gagnes rien du tout".


  • Les mines, certaines profondes de 50 mètres, sont creusées à la main. Il y a toujours des cordes pour remonter les seaux de minerais jusqu'à la surface mais il n'y a pas toujours de cordes pour les jeunes, qui doivent tâtonner pour monter et descendre dans les trous, chercher des prises dans le noir. Le moindre faux-pas peut être fatal.
  • Suleyman, 51 ans, et son équipe ont passé les deux dernières semaines à creuser une nouvelle mine. A six heures du matin, ils étaient en train de faire un tunnel lorsqu'ils ont frappé un filon d'or. Tous ces trous deviennent impraticables lors de la saison des pluies car le sol est dangereusement fragile.
  • Yakuba, 16 ans, travaille dans la mine avec son père. Son "bureau" est un tunnel étroit et dangereux, profond de cinquante mètres. L'air y est lourd, chaud et humide, rempli de poussière omniprésente qui rend ses bras noirs et son visage blanc. Il porte une lampe-torche sur sa tête tandis qu'il pilonne du minerai depuis les murs d'un endroit dans lequel il peut à peine s'asseoir. On peut à peine respirer là-dedans mais, en guise de pause, Yakuba s'allume une cigarette.
  • "Ici, le sol est solide mais parfois, la terre est très fragile. Des fissures apparaissent dans le trou et ça fait peur", explique Arzuma, 24 ans, alors qu'il soulève un lourd sac rempli de rocailles hors de ce trou profond de 20 mètres.
  • Nobila, 16 ans, vient d'un village Jalgo à seulement 26 kilomètres des mines de Djuga. Il y travaille seul depuis trois ans. Dès qu'il reçoit un peu d'argent, il le ramène toujours chez lui, pour sa famille. Il est 19h. Assis au bord d'un conduit de la mine, Nobila prépare la fragile lampe en plastique attachée à son front avec un élastique, alors qu'il se prépare à descendre dans les ténèbres pour une nouvelle garde de nuit. to his family. It is 7 PM. Sitting on the edge of a mine shaft, Nobila readies the fragile plastic lamp strapped to his forehead
  • Nuru, 13 ans, ne se souvient pas depuis combien de temps il travaille là. Il n'a jamais été à l'école et ne sait pas comment lire ou écrire. Il est contrarié car son frère, avec qui il travaille, est en colère contre lui pour ne pas avoir traité suffisamment de matériau via une machine qu'ils sont obligés de louer quotidiennement. Cependant, travailler dans une mine est un meilleur job que de travailler dans les champs dans son village.
  • A midi, les mineurs se rassemblent pour le déjeuner. Habituellement c'est un bol de riz cuit avec un peu d'huile et quelques morceaux de poisson, mangés à la main à partir d'un pot commun.
  • Après une courte pause, le forage continue jusqu'à ce que la nuit tombe. Dans un champ d'or aussi bien reconnu, les trous sont creusés toujours plus près les uns et des autres. Parfois, les forages excessifs créent des faiblesses dans la terre, causant ainsi l'effondrement des murs. L'année dernière, quatre mineurs sont morts lors qu'une ligne de puits trop près les uns des autres s'est effondrée, enterrant les mineurs.
  • Des jeunes filles épuisées attendent sous la chaleur brûlante à l'entrée de la mine. Ce sera leur cinquième charge de pierres ce jour-là. Chacune des filles porte une charge pesant approximativement 25 kilos sur une distance d'environ deux kilomètres comportant une descente de 300 mètres vers le village temporaire de Djuga.
  • Lorsqu'il n'y a pas assez d'argent pour louer un pulvériseur afin d'écraser la roche, les hommes le font à la main, frappant les pierres avec des bâtons durs pour les rendre plus petites.
  • Les femmes creusent à la surface où elles séparent de façon répétée les particules les plus lourdes de la poussière qu'elles tamiseront ensuite pour trouver de l'or.
  • On a demandé à Nuru, 13 ans, de travailler avec le pulvérisateur. "Tout ce que mon frère et moi gagnons, nous le ramenons à nos parents."
  • Isa, 26 ans, et son équipe tamisent le sol pour trouver de l'or sur un site près de Gangaol.
  • Abdul, 14 ans, fait partie des centaines d'enfants travaillant aux mines de Djuga. Lors de la saison des pluies, il y a de l'eau pour se laver le corps et se débarrasser de la poussière après une longue journée. Lors de la saison sèche, l'eau disparaît.
  • Les enfants, qui sont au travail depuis le lever du soleil, dorment littéralement dans la saleté à côté du trou dans lequel ils travaillent. Nuru, 13 ans, et Kongo, 15 ans, ne sont couverts que d'une couverture et dorment l'un collé à l'autre pour se tenir chaud pendant la nuit.
  • Suleyman, 51 ans, dans sa mine près de Gangaol, montre un morceau d'or qu'il essayera de vendre à un marchand local venant de Bani. "C'est le temps des vacances" dit-il, "je vais m'acheter une nouvelle chemise pour bien paraître au Ramadan".
  • De petites paillettes d'or sur une vieille balance, prêtes à être vendues légalement à un marchand approuvé par le gouvernement au prix officiel. Ils feront certainement la sourde oreille à tous ces enfants des mines qui souffrent et meurent rêvant de leur propre "El Dorado", tout ça pour que nos smarphones fonctionnent.
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