par Julie

En décembre 2009, quatre rhinocéros ont été déplacés du zoo de Dvur en République Tchèque et transportés à l'aéroport de Prague accompagnés d'un vétérinaire afin d'être conduit dans une réserve faunique spécialisée. Les deux mâles nommées Suni et Sudan ainsi que les deux femelles, nommées Najin et Fatu représentaient la moitié de la population survivante de rhinocéros blancs du Nord. Cette espèce se distingue par ses oreilles poilues et ses cornes un peu plus courtes.

  • Selon Save The Rhino, un groupe de défense des droits des animaux, on pouvait compter jusqu'à 2 360 rhinocéros blancs du nord jusqu'en 1960. Mais le braconnage endémique et les guerres civiles n'ont fait que réduire cette population. Vingt-cinq ans plus tard, on compte seulement huit rhinocéros dont seulement quatre d'entre eux étaient potentiellement fertiles. Les chances pour sauver l'espèce étaient moindres. Les écologistes ont d'abord pensé qu'en transportant ces 4 animaux dans leur Afrique natale, avec un climat plus chaud et des vastes prairies pourrait favorablement les pousser à se reproduire, permettant ainsi de rétablir l'espèce. 

  • Malheureusement, le dépaysement n'a pas été à la hauteur des espérances des défenseurs de la nature. Les deux femelles ont finalement été jugées stériles et incapables de mettre bas. La suite des événements n'a pas été plus glorieuse. Avec le temps, d'autres rhinocéros sont décédés jusqu'au printemps 2018 où le dernier rhinocéros mâle sur Terre est décédé, laissant les deux seules femelles représenter leur espèce.

  • Une idée progressiste ? 

    Mais les scientifiques s'étaient préparés à cette perte. Thomas Hildebrandt, chef de la gestion de la reproduction à l'institut Leibniz pour la recherche zoologique et faunique ainsi que toute son équipe, a d'abord congelé la semence de plusieurs mâles. En 2014, ils ont mis au point un programme de régénération de la population de rhinocéros blancs du Nord par fécondation in vitro. Ainsi, les ovules et les spermatozoïdes sont fécondés hors du corps.

  • L'équipe a annoncé qu'elle avait fait d'énormes progrès . Le 22 août dernier, ils ont réussi à récupérer des œufs de Fatu et de Najin. Cette réussite est perçue comme une première étape cruciale dans la recherche de nouveaux membres de cette espèce gravement menacée. Pour l'équipe de Thomas Hildebrandt, il s'agit d'un processus délicat en raison du risque posé par l'anesthésie. Jeudi dernier, l'équipe a décidé qu'il était temps d'anesthésier Fatu et Najin à l'intérieur de leurs enclos afin d'extraire les œufs. Les vétérinaires superviseurs, conscients du danger que cela représente, rappelaient sans cesse aux scientifiques combien de temps il leur restait afin que les rhinocéros ne dorment pas plus de deux heures.

  • Une fois la procédure terminée, l'équipe a examiné les cellules au microscope et ils ont pu obtenir un total de 10 ovocytes viables, soit 5 par rhinocéros. Les œufs ont ensuite été soigneusement emportés dans une glacière afin d'être exporté jusqu'en Italie. 

  • C'est ensuite à Crémone, dans le laboratoire de Galli, que les ovules attendent d'être à maturité pour ensuite être fécondé avec le sperme congelé de rhinocéros blanc. Si les œufs fécondés se transforment en embryon, les scientifiques perfectionneront leur technique pour pouvoir les transférer dans un rhinocéros blanc. 

  • Mais il ne faut pas crier victoire trop vite, l'insémination artificielle a déjà fonctionnée auparavant, mais la fécondation in vitro n'a encore jamais fait ses preuves. Affaire à suivre ...

Liker sur Facebook :

Afficher les commentaires