Traités à temps, les trois éléphants devraient se remettre rapidement

Beaucoup de braconniers utilisent des lances ou des flèches empoisonnées pour tuer les éléphants, car plus difficiles à tracer, moins bruyantes et moins chères que les fusils. Ils enduisent ainsi leurs flèches d'une toxine (arbuste acokanthera) et se lancent ensuite à la poursuite des animaux, parfois pendant des heures, jusqu'à l'épuisement. Après quoi les éléphants sont tués et mutilés pour leurs défenses vendues à prix dor. Dans le cas de ces trois éléphants, les braconniers ont pu se cacher avant l'arrivée des secours.

Mais ces éléphants ne sont pas tous aussi chanceux. Le cadavre de Satao, un éléphant aux énormes défenses du parc national kényan de Tsavo, avait été retrouvé le 30 mai dernier. Empoisonné par des braconniers pour s’emparer de ses défenses, il s’était retrouvé dans une partie reculée du parc, parti à la recherche d’eau fraîche avec ses congénères. De puissants orages, peu courants à cette période, avaient endommagé leurs sources habituelles. Les braconniers ont visiblement profité de l’isolement de Satao pour lui envoyer des fléchettes paralysantes. Ils se sont ensuite emparés de ses défenses et ont pris la fuite, abandonnant le cadavre mutilé de l’éléphant, couché sur ses quatre pattes.

Né à la fin des années 1960, Satao bénéficiait d’une grande aura, aussi bien auprès des humains que des animaux, raconte Mark Deeble, documentaliste britannique : "Je ne l’avais jamais vu être provoqué par quiconque, c’était probablement dû à la taille de ses défenses. Quand il venait boire, tous les autres éléphants se poussaient pour lui laisser la place. Il était extraordinairement charismatique : les autres éléphants étaient attirés par lui, surtout les femelles et leurs petits." 

Lors de ses déplacements, Satao prenait en compte l’importance de ses défenses et se cachait dans les buissons: "Je suis persuadé qu’il savait que des gens les voulaient, et qu’ils seraient prêts à lui faire du mal pour les obtenir", raconte le Britannique.

Officiellement, le commerce d’ivoire est interdit, sauf lorsque les défenses proviennent d’animaux morts de causes naturelles. En 2013, 20 000 éléphants africains ont été tués pour leur ivoire, très demandé en Chine et en Thaïlande.