par Lancelot

Tu te souviens quand t'étais gosse et que tes ingrats de parents, pour que t’ailles sagement te coucher plutôt que de réclamer un énième cookie, te faisaient du chantage au monstre effrayant ?

"Si t’es pas sage, t’auras affaire au croque-mitaine ou au grand méchant loup", ça te rappelle quelque chose ?

Sache que cette conspiration parentale s’étend dans le monde entier. Alors bien sur, ces monstres qui venaient te bouffer dans ton sommeil ne sont pas les mêmes à travers le monde. Des légendes urbaines, y’en a plein que tu peux invoquer de différentes manières et je parie que tu t’es déjà amusé à le faire. L’amour du risque, sans doute. Si tu ne l’as pas encore fait, séance de rattrapage avec ces dix légendes urbaines sur des personnages effrayants, objets d’un chantage parental d’ampleur internationale.

 

CANDYMAN 

Nous sommes dans les années 1800 et celui qu’on appelle désormais Candyman, fils d’esclave, a eu la bonne idée de mettre enceinte la fille d’un riche propriétaire de terres. Evidemment, ça a moyennement plu au monsieur qui a mandaté une équipe de tarés pour lui montrer sa façon de penser. Après avoir tranché sa main droite avec une lame rouillée, ils lui ont enduit le corps de miel avant de le balancer dans un rucher où des abeilles se sont chargées de le tuer. Ensuite, ils ont brûlé son corps mais l’homme avait juré de revenir d’entre les morts pour se venger.

Pour l'invoquer : place-toi devant un miroir et de prononce cinq fois le nom de Candyman pour faire revenir le monsieur. Mais fais gaffe, il est un peu à fleur de peau du coup. On t’aura prévenu…

T'en veux encore ? Tu peux mater Candyman (1992), film de Bernard Rose ou feuilleter Candy Man (1971), livre de Vincent King !

 

BLOODY MARY 

Avant d’être un cocktail qui se charge d’éponger ta gueule de bois, Bloody Mary, ou “la vierge ensanglantée”, est surtout une légende à l’origine floue. Pour certains, la dame est une sorcière jadis brûlée vive et désormais, quiconque invoque son nom sera frappé par une malédiction. Pour d’autres, elle est décédée avec son fils dans un accident de voiture et se planque désormais dans les miroirs pour se venger de ceux qui ont tué son fils, sa bataille.

Pour l’invoquer : enferme-toi dans une salle de bain, éteins les lumières et allume deux bougies. Maintenant fixe le miroir avec insistance et prononce son nom 13 fois, de plus en plus fort, tout en tournant sur toi-même. Au pire, t’auras juste l’air d’un con.

T’en veux encore ? Tu peux mater Bloody Mary (2006), film de Richard Valentine ou feuilleter Mary : The Summoning (2014) par Hillary Monahan.

 

BABA YAGA

La pire de toutes. Celle qui ferait passer tous les autres pour des anciens scouts reconvertis en enfants de chœur, Baba Yaga, trouve son origine dans les légendes slaves. À la fois sorcière, ogresse, croque-mitaine, madame est multicarte mais l’objectif reste toujours le même, bouffer les hommes et les enfants qui s’approcheraient trop près de son abri en les faisant passer au préalable au four (20 minutes, thermostat 7). Vieille femme affreuse, squelettique, cruelle et parfois même unijambiste, elle vit en forêt dans un abri clôturé par les ossements de ses victimes. Un peu feignasse, la dame se déplace dans un mortier volant et chaque fois qu'elle apparaît, un vent sauvage commence à souffler, les arbres gémissent et les feuilles tourbillonnent dans les airs. Une fois partie, elle fait péter l’orage. Hurlante et gémissante, une foule d'esprits l'accompagnent ; elle n’est jamais seule. Ah oui au fait, elle contrôle aussi tous les animaux de la forêt qui, tétanisés, bossent pour elle. Méfie toi, si y’en a une avec qui faut pas déconner, c’est bien elle.

Pour l'invoquer : Rendez-vous devant chez elle, sur le pas de sa porte. Frappe une fois, elle vient te hanter. Frappe deux fois, elle vient te chercher pour te ramener tout droit en enfer. T’hésites ?

T'en veux encore ? Tu pourras bientôt mater Baba Yaga (2017), l’adaptation moderne de la légende urbaine qui sort le 8 août prochain, par Caradog W. James.

 

HANAKO SAN

Selon cette vieille légende populaire venue tout droit du Japon, Hanako San est tout simplement le fantôme d’une jeune fille qui hante les toilettes publiques du pays. Morte pendant les bombardements alors qu’elle jouait à cache-cache, la jeune fille reste généralement sage et cachée jusqu’à ce qu’un étudiant décide de la provoquer. Oui, seuls les jeunes l’intéressent.

Pour l’invoquer : File dans des toilettes publiques au Japon et frappe trois fois sur la porte avant de lui poser une question. Normalement, bien élevée comme elle est, elle répond et si t’es vraiment brave, tu devras ouvrir la porte pour tomber nez à nez avec elle. Là par contre, elle risque d’être un peu moins sympa.

T’en veux encore ? Tu peux mater Hanako (1995), film de Joji Matsuoka ou feuilleter Hanako et autres légendes urbaines (2010) par Sakae Esuno.

 

KUCHISAKE-ONNA 

On reste au Japon - mais on sort des toilettes - avec la légende de Kuchisake-Onna, ou la femme à la bouche fendue. Il y a plusieurs siècles vivait cette belle femme, épouse d’un samouraï qui était probablement un poil trop occupé à éclater la tronche de ses adversaires. Alors elle le trompait, et pas qu’un peu. Pour se venger, il l’a tuée en lui fendant la bouche jusqu'aux deux oreilles.

Pour l’invoquer : Balade toi seul la nuit et si tu croises une dame la nuit avec un masque qui cache son visage, bingo, c’est elle. Elle te demandera “tu me trouves jolie ?”. Répond non et t’es mort. Répond oui et elle enlève son masque avant de reposer la question. Répond non et t’es mort. Répond oui et elle t’amène jusqu’au palier de chez toi et là devine quoi ? T’es mort. En fait, faut juste lui dire qu’elle est normale, ni belle, ni moche. Pas compliqué !

T’en veux encore ? Tu peux mater Carved (2007), film de Kōji Shiraishi ou feuilleter The Horror of Kuchisake Onna (2015) par Arabella Wyatt.

 

LA JEUNE SORCIÈRE DE PILOT’S KNOB

Direction le Kentucky aux Etats Unis où en 1916, une mère et sa fille de cinq ans ont été brûlées vives pour avoir pratiqué la sorcellerie. Une fois le bûcher terminé, les villageois ont enterré la fillette dans le cimetière de Pilot’s Knob et pour éviter qu’elle ne vienne se venger, ils ont installé une clôture blanche autour de la sépulture (malin). Selon la légende, la fillette recherche toujours sa mère et se délecte des petits curieux qui s’approcheraient d’un peu trop près de sa tombe, leur pompant leur énergie afin d’en avoir suffisamment pour s’échapper de sa mini-prison.

Si tu vas dans le coin, tu verras qu’il n’y a pas un bruit, une ambiance sinistre et des riverains qui refuseront de te donner les indications pour t’y rendre, sachant très bien ce qui t’attend là bas… Mais vas-y, je t’en prie.

Pour l’invoquer : Il te suffit juste de t’approcher un peu trop près de son petit cocon pas hyper douillet. Ça va te faire tout drôle, tu verras.

T’en veux plus ? Tu peux feuilleter The Witch on Caleb’s Knob, de D.J. Pierce, inspiré de cette légende.

 

LES BLACK EYED CHILDREN

Un peu moins cool que les Black Eyed Peas, les Black Eyed Children sont issus d’une légende urbaine venue tout droit des Etats Unis. Imagine un peu. T’es pépère chez toi quand quelqu’un frappe doucement mais sans discontinuer à ta porte. Tu enfiles tes charentaises pour aller ouvrir et tombe sur deux enfants, fringués d’un autre âge et regardant le sol, qui te demandent d’entrer pour téléphoner à leur maman.

Un sentiment inexplicable de mal-être et de danger t’envahit et à ce moment là, les deux enfants te fixent du regard et tu ne peux voir que leurs yeux totalement noirs. Pris de panique et tétanisé de terreur, tu ne peux ni bouger ni parler. Ils répètent leur question, cette fois sur un ton très autoritaire. Bravo, t’as rencontré les Black Eyed Children mais évite quand même de les laisser entrer chez toi.

Pour les invoquer : T’as bien compris que c’est eux qui te choisissent et, Spoiler Alert, quand ils le font et que tu les laisses entrer, sache que tu vas te faire buter. Après c’est qu’un conseil, fais-en ce que tu veux…

T’en veux plus ? Tu peux mater Black Eyed Children : Let Me In (2015), film de Justin Snyder ou feuilleter The Black Eyed Children (2012), de David Weatherly.

 

JENNY GREENTEETH

Jenny Greenteeth est un personnage du folklore anglais, une vieille sorcière habitant dans les rivières où elle attire et noie les enfants ainsi que les personnes âgées. Elle est souvent décrite comme étant squelettique, ayant une peau verte, de longs cheveux et des dents pointues. Elle aurait probablement été inventée par les parents (encore eux), pour inciter les enfants à se tenir loin des eaux tumultueuses. Certains folkloristes croient qu'elle sert à rappeler les pratiques sacrificielles.

Ce qui est cool avec Jenny, c’est que même quand elle noie des enfants, elle les regarde avec un sourire bienveillant, comme le ferait une mère avec son fils. C’est déjà ça.

Pour l’invoquer : Prend un enfant de ton choix et propose lui une petite balade, en pleine nuit, au bord d’une rivière dans une forêt irlandaise. Elle devrait pointer le bout de son nez, la Jenny.

T’en veux encore ? Tu peux feuilleter Jenny Greenteeth (1984), livre de Mary Alice Downie.

 

LA BANSHEE 

Issue de la mythologie écossaise et irlandaise, la Banshee est en fait un messager de la mort et au lieu de se manifester tranquillement, elle ne peut s’empêcher de pousser de violents cris stridents. Un peu relou puisqu’en plus, la femme vêtue d’une longue robe immaculée pleure très fort, histoire de faire encore plus de boucan.

Dans la légende, chaque famille possède sa Banshee, sorte de revenante familiale attitrée chargée du sale boulot : annoncer la mort d’un des leurs. Ses cris sont une sorte de mélange de sanglots d’enfants, de hurlements de loups et de gémissements de femme pendant un accouchement. Le truc qui peut te faire saigner des oreilles en une demie seconde. Pire, même si tu ne fais pas partie de la mif, le simple fait de te trouver à proximité pendant un de ses cris peut te condamner. Quand t’as pas de bol…

Pour l’invoquer : T’as bien compris que c’est elle qui choisit de t’invoquer. Et du coup, c’est pas hyper bon signe.

T’en veux plus ? Tu peux mater The Banshee (2012), film de Steven C. Miller ou feuilleter la Colère de Banshee (2010), par Jean-François Chabas.

 

AJATTAR

On part faire un tour dans le Nord avec cette vieille légende finlandaise. Ajattar, c’est en fait le “Diable des bois” et c’est un esprit maléfique féminin qui serait la mère du diable. Pas le genre de personnage avec qui on peut déconner donc. Ajattar prend parfois la forme d’un serpent, parfois la forme d’un dragon histoire de propager les maladies dont la peste. Non seulement elle est indécise mais en plus elle est cruelle.

Pour l’invoquer : Pas compliqué, il suffit de la repérer et de la regarder dans les yeux. T’auras droit à une maladie de son choix. Tentant n’est-ce-pas ?

T’en veux plus ? Tu peux écouter les albums d’Ajatarra, un groupe de rock finlandais très inspiré de la légende d’Ajattar.

 

 

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